La semaine dernière, Safari et Opera ont obtenu le score de 100/100 pour le test Acid3. Les deux navigateurs ont annoncés leur réussite à quelques heures d’intervalles, terminus d’une course effrénée pleines de rebondissement. (qui n’aura su passionné que quelques geeks, dont moi…) Il est indéniable que toutes améliorations des navigateurs sur leur support des standards est une bonne chose, mais les tests Acids ont-ils pour autant un effet positif?

Le premier test Acid est apparu en 1998, il s’agit d’un test basé sur la spécification CSS1. Son créateur Todd Fahrner avait pour soucis d’offrir un élément de référence sur le box model pour les développeurs de navigateur. Ce test de qualité a fini par rejoindre en 1999 la suite de test de CSS1.

Il aura fallu attendre 2005 pour voir l’apparition du test Acid2. Cette fois-ci le test développé principalement par Ian Hickson, teste de nombreuses propriétés CSS 2.1, mais aussi le support des PNGs transparents, de l’élément objet ou encore comment le navigateur se comporte face à des erreurs dans la feuille de style. Le test ne se concentre plus sur un domaine précis, mais regroupe différents points mal supportés par les navigateurs présents alors sur le marché et que la communauté aimerait vite voir corrigés. Ce fut indéniablement un bon moyen de motiver certaines équipes de développement, bien que l’on commençait déjà à se séparer de l’esprit de base.

Le test Acid3 est encore tout chaud. Il est sortie du four le 3 mars 2008. Encore plus ambitieux que son prédécesseur, le test Acid3 effectue 100 tests sur la page. Il se concentre principalement sur le DOM, mais comportent aussi des tests sur les sélecteurs de CSS3, sur SVG ou encore SMIL. Le soucis principal de ce nouveau test est de motiver les navigateurs à repousser leur limite. Ian Hickson aura mis près d’un an pour développer ce test Acid et il aura du faire appel à la communauté pour concevoir les derniers tests (afin d’avoir un beau score final de 100).

Malheureusement les derniers tests Acid, bien que formidable de part leur élaboration (je suis admiratif des connaissances que certaines personnes ont accumulé pour les concevoir), sont surtout un moyen de faire de la pub. Soyez le ou les premiers à passer un test Acid et le nom de votre navigateur se retrouvera sur tous les digg-like et tous les blogs et les sites ayant un lien avec le développement web. C’est ce qui a sûrement du pousser Opera a faire son annonce sans pour autant avoir une version de test de leur navigateur à offrir en téléchargement, ou pour Webkit, d’activer des aspects non finalisés de leur moteur de rendu pour valider certains tests. Il est amusant de remarquer que chez Firefox, on prend le contre-pied en précisant que non, Firefox 3 ne passera pas le test Acid3, car il y a des choses plus importantes à faire.

On en vient au final à se questionner sur les réels bénéfices apportés par le dernier test Acid. Il force les développeurs de navigateurs à implémenter des morceaux de spécification pour passer le test. Même si ces propriétés nouvellement supportées pourront se révéler utile dans de futures développement. On est bien loin de la réalité du développement web. Ne vaudrait t’il pas mieux se concentrer sur certains spécifications, voir certains aspects d’une spécification, qui répondraient à des besoins spécifiques mis à mal actuellement? Au lieu de faire un test qui s’occupe un peu de tout…